Besoin de sucre, achats compulsifs…Comment se libérer des petites addictions ?

Cela peut sembler bizarre, mais les douceurs sucrées et le shopping peuvent entraîner un besoin, une accoutumance. 

Mini meringues colorées {recette en vidéo!}                                                                                                                                                     Plus

Manger une petite douceur, en cas de coup dur, acheter une robe ou un foulard pour se remonter le moral sont des comportements assez répandus. Mais chez certains, c’est beaucoup plus qu’une tentation à laquelle ils cèdent de temps en temps : c’est un besoin, un désir auquel ils succombent, alors même qu’ils en connaissent la nocivité, passé le petit moment de plaisir qu’ils vont ressentir sur l’instant. Comme une drogue ? A peu près, puisqu’ils peuvent éprouver un véritable manque tant qu’ils n’ont pas assouvi leur envie ! Nos témoins racontent comment elles s’en sont sorties.

« L’hypnose m’a permis de ne plus être accro au sucre»

Isabelle, 46 ans, divorcée, mère d’un fils de 19 ans, fonctionnaire

Depuis toute petite, le sucre est pour moi associé au réconfort. Dans ma famille, on considérerait que les moindres chagrins ou soucis pouvaient être «soignés» avec des bonbons, des tartines ou du chocolat. J’en ai gardé l’habitude à l’âge adulte : depuis , si une réunion au bureau ne se passe pas comme prévu, si je rencontre une personne désagréable, si j’ai une contrariété…je compense en mangeant un gâteau au chocolat ou en plongeant dans un paquet de biscuits que je finis dans l’heure. C’est une consolation. j’ai toujours été consciente que j’aimais trop le sucre, mais je me suis rendu compte qu’il provoquait chez moi des comportements anormaux lorsque je me suis mise à cacher des tablettes de chocolat sous mon oreiller pour pouvoir en manger la nuit en cachette de mon fils.

là, je me suis fait penser à une alcoolique qui cache sa bouteille. J’ai fait beaucoup de régimes en me disant que jetait capable de me passer de sucre, mais je savais très bien, au fond de moi, que c’était faux. Je tenais trois semaines, même si c’était dur, puis à la fin du régime, je mangeais encore plus de confiture, de biscuits et de chocolat. Il y a un an et demi, on a diagnostiqué à mon père la maladie d’Alzheimer : cela ma bouleversée et j’ai encore plus compensé avec du sucre. J’ai très rapidement pris 10 kilos, alors que j’était déjà en surpoids. A la même période, j’ai fait une scène à mon fils, en pensant qu’il avait pris mon chocolat. Je me suis mise dans tous mes états, comme une vraie toxicomane en manque.  J’ai compris qu’il fallait vraiment que j’en finisse avec mon addiction au sucre.

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Après avoir entendu une émission de radio sur l’hypnose, j’ai pris rendez-vous avec un médecin hypnotiseur. J’ai fait trois séances au cours desquelles il a parlé du sucre comme d’un poison.

C’est difficile à expliquer, mais ses paroles sont entrées en résonance avec moi. Désormais, je ne considère plus le sucre comme une consolation. Après la deuxième séance, j’ai mangé un peu de miel et j’ai eu des démangeaisons sur le corps, une horreur ! Aujourd’hui, je peux manger un dessert de temps en temps, mais je n’ai plus du tout besoin de me goinfrer de sucreries pour aller mieux. C’est un réel soulagement !

vers qui se tourner ?

Les Débiteurs anonymes. Cette association reçoit les personnes concernées afin de les aider, grâce à l’écoute, à retrouver le sens des réalités.  Elle propose aussi des techniques pour s’en sortir.  :  debiteursanonymes.org/.

Les consultations spécialisées. Efficaces pour contrer les addictions au sucre, elle sont présentes partout en France. Les soins proposés vont des simples thérapies comportementales aux hospitalisations.

ifac-addictions

fr/annuaire-des-centres-de-soins.

I love shopping! If I could afford to do it everyday.... <3:

«Les Débiteurs anonymes m’ont aider»

ylvie, 62 ans divorcés, mère de 3 enfants, chef d’une PME 

Tout a commencé quand je me suis mariée, à 18 ans, je ne travaillais pas et, dès que je sortais, je faisais des achats au-dessus de mes moyens. Je payais par carte bancaire, du coup, l’argent n’avait pour moi aucune réalité matérielle…

Après mon divorce, il a fallu que je travaille. J’ai monté une société qui organisait des événements. J’ai gagné de l’argent que je dépensais en vêtements et en accessoires.

Acheter me procurait un plaisir que j’imagine similaire à celui d’une prise de drogue pour un toxicomane ! Tout était prétexte à m’offrir des cadeaux : dès que je tombais amoureuse, je changeais ma garde-robe; je voyais une tenue qui me plaisait, il me la fallait tout de suite…… Je me souviens avoir acheté un sac alors que je ne pouvais pas payer ma note de téléphone ! En sortant du magasin, j’éprouvais une joie immense, aussitôt suivie d’un sentiment de culpabilité. Pendant longtemps, j’ai réussi à bluffer mon entourage : mes proches étaient convaincus que je gagnais beaucoup d’argent ; mon banquier, qui me convoquait régulièrement à cause de mes découverts, me croyait quand je lui disais que l’argent allait arriver sur mon compte.

C’était en partie vrai : je décrochais des contrats qui entraînaient des rentrées d’argent .… mais pas suffisamment pour combler mes dépenses. Jusqu’au jour où, je ne sais pas pourquoi, je me suis dit que j’allais finir SDF à cause de mes dépenses. A la même période, mon banquier a enfin dit stop.

je venais de lire un article sur les Débiteurs anonymes, l’équivalent des Alcooliques anonymes pour les gens comme moi. J’ai poussé la porte d’une permanence : on m’y a accueillie et écoutée, sans me juger. C’était il y a dix ans. J’ai un train de vie modeste, mais je me sens plus riche, car je ne mens plus.

#market #shopping:

L’avis de l’expert !

Michel Hautefeuille, psychiatre addictologue

Nos sociétés créent des addictions multiples !

Peut-on vraiment parler d’addiction au sucre ou au shopping ?

Oui, si le besoin d’aliments sucrés ou de shopping vient prendre une place prépondérante dans la vie des personnes, qui se livrent alors à leurs ‹activités› au péril de leur santé ou de leur compte en banque.

Néanmoins, elles peuvent mettre du temps avant d’en prendre conscience, car on n’identifie pas tout de suite ces comportements comme une «drogue».

Est-ce comparable à l’addiction aux substances illicites ?

Non. les toxicomanes sont tellement sous l’emprise de la drogue qu’ils finissent par perdre leur travail, leurs amis ainsi que leur famille. Ce n’est pas le cas des autres addictions, sauf pour l’alcool. Or, il est plus facile de se soigner quand on est entourée et qu’on a une vie professionnelle structurée ! Lorsqu’elles sont bien suivies, les personnes s’en sortent.

La personne dépendante correspond-elle à un profil particulier ?

Non. Nos sociétés font tout pour nous rendre dépendants : on nous enjoint à dépenser, on est tellement sous contrôle que l’on se réfugie dans les douceurs sucrées……

 

 

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