Une renaissance après un burn-out

le

« Grâce à un sport étonnant, j’ai repris goût à la vie »

Quand elle a appris qu’elle souffrait de dépression, Stéphanie a cru que sa vie était fichue. Mais elle a surmonté l’épreuve en pratiquant le systema, une discipline à la frontière entre l’art martial et la méditation.

 

Afficher l'image d'origine

 

C’est une petite phrase, un reproche anodin de mon employeur à propos de mon travail, qui m’a soudain «fait péter les plombs», comme on dit. Folle de rage, je me suis mise à hurler. pleurer et trembler tout en même temps. Avant de sortir en claquant la porte. Mes collègues ont été très bien avec moi. Ils m’ont entourée et apaisée pour m’aider à retrouver mon calme. Mon patron, tout aussi compréhensif, m’a conseillé de prendre rendez-vous avec un médecin.

Je travaillais alors dans une société qui organisait des cours et des conférences pour des étudiants en médecine. Jongler avec les agendas des médecins formateurs, planifier les séances des élèves, réserver les salles, gérer l’ego des uns, calmer l’ambition des autres… La tensions était permanente. Pourtant, je pensais supporter ce stress. Alors, quand le médecin m’a parlé de surmenage et de déprime, j’ai reçue la claque de ma vie : je n’avais rien vu venir ! Malgré mes dénégations, il m’a signé un arrêt de travail en me précisant bien : « Il va falloir vous occuper de vous»

Seule chez moi, je me suis retrouvée face à mes angoisses. La nuit, je ne dormais plus, les yeux grands ouverts par des insomnies insurmontables. Le jour, je tombais de fatigue et m’écroulais n’importe où. Inexorablement, j’en revenais toujours au même point : j’approchais de la quarantaine, sans compagnon et sans enfants, avec un petit appartement, un petit boulot, des petites habitudes..… Je m’étais construit une petite vie. Pire que tout, je me sentais inutile, insignifiante ! La preuve en était que, depuis mon burn-out, on se passait très bien de moi au bureau. Au bout d’une semaine à ressasser des idées noires, j’ai pensé : «voilà la solution.»

C’est un ami qui m’a parlé du systema, en me disant que cela me ferait le plus grand bien. J’avais déjà entendu parler de ce sport d’origine russe,  sorte de self-défense sans règles précises, où l’institution et l’improvisation ont beaucoup d’importance. Mais, depuis l’adolescence, j’avais toujours été allergique à l’activité physique. Je l’assumais parfaitement. Courir, sauter, bondir, se dépasser, aller au bout de soi-même, très peu pour moi !

En 2010, une discopathie dégénérative -une pathologie de la colonne vertébrale- m’avait définitivement convaincue que j’étais dispensée de gymnastique. La douleur me rappelait trop régulièrement à l’ordre. J’ai donc d’abord répondu : «Non !» Et puis, je me suis dit : «Après tout, pourquoi pas ?» «Et voilà comment je me suis retrouvée en jogging et tee-shirt, dans un gymnase, au milieu d’un groupe d’inconnus….

A ma grande surprise, le cours ne ressemblait pas du tout à ce à quoi je m’attendais. Pas de kimonos, pas de ceintures de couleur indiquant le niveau de chacun, pas de de grade…………. Et pas d’assauts violents ! Au contraire, c’était beau, calme, enivrant et apaisants une atmosphère de partage et de convivialité qui  m’a immédiatement séduite. Alors, bien sûr, je suis revenue !

Au fil des séances, j’ai appris à respirer, à me concentrer, à tomber et à me relever. J’ai appris des techniques de méditation pour chasser mes émotions négatives : l’angoisse, la peur, la colère…. Comme par enchantement, j’ai retrouvé le sommeil et jeté anxiolytiques et somnifères à la poubelle. Les exercices étaient comme les étapes d’une initiation : par exemple, lors d’une séance mémorable pour moi, je devais me dégager d’un adversaire qui me plaquait au sol. Écrasée sous son poids, j’étais persuadée que je ne me libérais jamais de sa prise. Pourtant, à force de ramper, d’onduler, de bouger centimètre par centimètre, j’y suis parvenue. Je me suis alors sentie renaître. Symboliquement, je m’extirpais de mon ancienne vie pour éclore dans une nouvelle existence. Quel bonheur !

Une autre fois, on nous a enseigné à nous défendre contre une attaque au couteau. Bien sûr, il s’agissait d’une arme factice avec une lame en bois et l’agression se déroulait comme dans une scène au ralenti. L’assaillant exécutait tous ses mouvements avec une extrême lenteur, tandis que je devais rester en contact permanent avec lui, «connectée à lui» par une main, une épaule, un doigt, tout en évitant la trajectoire de sa lame. Une des situations les plus effrayantes se transformait ainsi en une danse harmonieuse.

Bien sûr, il m’est arrivé d’avoir mal. Mon dos, de temps en temps, me rappelait à l’ordre. Et puis, il y avait les coups, une manchette mal parée par-ci, une chute mal contrôlée par-là. Mais là encore, le systema m’a donné une grande leçon : en affrontant les autres, j’ai compris que la souffrance est quelque chose que l’on s’inflige soi-même. Si j’ai mal, c’est que je n’ai pas assez anticipé, que j’ai manqué d’attention ou de réaction. Il es est de même dans la vie.

Aujourd’hui, j’ai arrêté les séances. Grâce à l’entraînement que j’ai suivi, je sais que je possède assez de confiance, de patience, d’optimisme et de joie de vivre pour me protéger. Au bout du compte, ce burn-out aura été une bénédiction. Grâce à lui, j’ai quitté mon travail. J’ai quitté la capitale pour aller vivre sous le soleil du Midi. J’ai rencontré quelqu’un et, comme il a déjà des enfants, je découvre les joies de la vie de famille. La dépression ? Elle est loin derrière moi. J‘ai vécu tant de choses en quelques mois. Désormais, je peux me consacrer à ceux que j’aime, ainsi qu’au graphisme et à l’écriture.

Stéphanie

L’avis de l’expert

Florian Vergeron, coach bien-être

Un sport pour mieux gérer son stress

Discipline allant de lâcher-prise et la connexion à l’autre, le systema aide à se réapproprier son corps en souplesse. Les exercices de respiration permettent de réguler le rythme cardiaque et de gérer ses émotions, ainsi que les tensions du corps. Pratiqués en duo, ,les mouvements fluides et ralentis se transforment en jeu. Comme tout exercice physique il provoque la production de dopamine et d’ocytocine (les hormones du bonheur et de la tendresse), qui aident à lutter contre l’angoisse et l’insomnie. Ouvert à tous, ce sport est accessible aux hommes et aux femmes, quels que soient leur âges et leur condition physique. Dans un club du Sud-Ouest, une dame de 86 ans s’est inscrite car elle avait peur de tomber sans pouvoir se relever. Ce qu’elle arrive maintenant à faire…….

Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Très beau message et bravo

    J'aime

  2. mona dit :

    merci beaucoup, la vie est très belle, elle vaux vraiment la peine d’être vecu 🙂
    bonne journée
    mona

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s